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État des lieux : 10 erreurs à éviter

6 min de lectureMis à jour le Sources officielles citées

Un état des lieux bâclé se paie souvent à la sortie, au moment de restituer le dépôt de garantie. Descriptions trop vagues, compteurs oubliés, absence de comparaison entre l’entrée et la sortie : certaines erreurs reviennent sans cesse. Ce guide passe en revue les dix principales et propose, pour chacune, une bonne pratique concrète et conforme aux textes.

En bref

Les erreurs les plus fréquentes de l’état des lieux tiennent à des descriptions vagues, à des oublis (compteurs, clés, signatures) et à l’absence de comparaison entre l’entrée et la sortie. Les prévenir suppose de respecter les mentions du décret n° 2016-382, de distinguer vétusté et dégradation et d’utiliser la même trame aux deux étapes.


Pourquoi ces erreurs coûtent cher

L’état des lieux est prévu par l’article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989 et détaillé par le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016. C’est un document contradictoire, établi ensemble par le bailleur et le locataire à l’entrée puis à la sortie, et annexé au bail. Il sert de référence pour comparer l’état du logement au départ du locataire.

La plupart des litiges naissent d’un état des lieux imprécis ou incomplet. Une erreur commise à l’entrée se révèle souvent des mois plus tard, au moment de la restitution du dépôt de garantie régie par l’article 22. Les dix erreurs qui suivent sont les plus courantes, avec pour chacune une manière simple de l’éviter.

Les erreurs de description

1. Se contenter de mentions vagues

Écrire « bon état » ou « RAS » pour une pièce entière ne veut rien dire à la sortie. Le décret impose une description précise des sols, murs, plafonds et équipements, pièce par pièce. Chaque revêtement mérite quelques mots sur son état réel : traces, fissures, taches, rayures.

2. Oublier de décrire un espace

Placards, entrée, cave, balcon ou local annexe sont parfois passés sous silence. Or tout espace remis au locataire doit figurer à l’état des lieux, sans quoi son état à la sortie devient impossible à établir.

3. Ne pas relever les compteurs

Le décret prévoit le relevé des compteurs le cas échéant. Oublier les index d’électricité, de gaz ou d’eau rend le partage des consommations incertain. Ce relevé prend quelques minutes et évite bien des discussions.

4. Négliger le décompte des clés

Le nombre de clés, badges et télécommandes remis fait partie des mentions attendues. Sans décompte à l’entrée, il est délicat de constater un manque à la sortie et d’en tirer les conséquences sur le dépôt.

Les erreurs de méthode et de preuve

5. Ne pas prendre de photos datées

La loi n’impose pas de photos, mais leur absence prive d’un appui visuel précieux. Établies de façon contradictoire, datées et conservées avec le document, elles complètent les mentions écrites sans jamais s’y substituer. C’est une bonne pratique, pas une garantie.

6. Bâcler l’état des lieux d’entrée

Un état d’entrée établi trop vite se retourne contre celui qui l’a signé. L’article 3-2 permet au locataire de demander un complément dans un délai de dix jours après l’entrée pour corriger ou préciser certaines observations. Mieux vaut prendre le temps de bien décrire dès le départ.

7. Ne pas comparer l’entrée et la sortie

Le décret prévoit expressément la comparaison entre l’entrée et la sortie. Établir un état de sortie sans se reporter à celui d’entrée fait perdre tout son sens à l’exercice : c’est la confrontation des deux documents qui met en évidence les différences réelles.

Les erreurs d’appréciation et de délais

8. Confondre vétusté et dégradation

Toutes les différences ne sont pas imputables au locataire. La vétusté, c’est-à-dire l’usure liée à un usage normal du logement et au temps, reste à la charge du bailleur. Seules les dégradations peuvent être opposées au locataire. L’article 4 du décret permet d’annexer une grille de vétusté, facultative, pour objectiver cette distinction.

9. Retenir sur le dépôt sans justificatifs

Les retenues sur le dépôt de garantie doivent reposer sur des justificatifs : devis, factures ou constat. L’article 22 encadre aussi les délais de restitution et prévoit une majoration de 10 % du loyer mensuel par mois de retard commencé lorsque le dépôt n’est pas rendu à temps.

10. Oublier de signer ou de dater

Sans signatures des deux parties, l’état des lieux perd sa valeur contradictoire. À la sortie, il faut en outre mentionner la nouvelle adresse du locataire et la date de l’état des lieux d’entrée. Un document non signé ou incomplet fragilise toute la comparaison.

Tableau récapitulatif

ErreurConséquenceBonne pratique
Mentions vagues (« bon état »)Impossible de constater une dégradation à la sortieDécrire sols, murs, plafonds et équipements pièce par pièce
Compteurs non relevésPartage des consommations incertainRelever les index présents à l’entrée et à la sortie
Clés non décomptéesManque de clés difficile à établirCompter clés, badges et télécommandes remis
Absence de photos datéesMoins d’appui visuel en cas de désaccordPrendre des photos contradictoires, datées et conservées
Pas de comparaison entrée/sortieDifférences réelles non identifiéesUtiliser la même trame et confronter les deux états
Vétusté prise pour une dégradationRetenues contestables sur le dépôtDistinguer usure normale et dégradation, grille de vétusté à l’appui
Retenues sans justificatifsRestitution fragilisée, litige probableAppuyer chaque retenue sur devis, factures ou constat
Document non signé ou non datéPerte de valeur contradictoireFaire signer les deux parties et dater le document
Les erreurs fréquentes de l’état des lieux et les bonnes pratiques associées.
Notre modèle d’état des lieux est un document indicatif à compléter, signer et conserver. Utiliser la même trame à l’entrée et à la sortie est le moyen le plus simple d’éviter la plupart de ces erreurs.

Questions fréquentes

Quelle est l’erreur la plus fréquente dans un état des lieux ?

La description trop vague. Une mention comme « bon état » pour toute une pièce ne permet pas de constater une dégradation à la sortie. Le décret n° 2016-382 impose une description précise, pièce par pièce.

Un état des lieux non signé est-il valable ?

Il perd sa valeur contradictoire. La signature des deux parties matérialise leur accord sur l’état du logement. À la sortie, il faut aussi indiquer la nouvelle adresse du locataire et la date de l’état des lieux d’entrée.

Comment éviter de confondre vétusté et dégradation ?

La vétusté est l’usure liée à un usage normal et au temps ; elle reste à la charge du bailleur. Seules les dégradations sont imputables au locataire. Une grille de vétusté, facultative, aide à objectiver la distinction.

Peut-on retenir une somme sur le dépôt sans preuve ?

Non. Les retenues sur le dépôt de garantie doivent reposer sur des justificatifs comme des devis ou des factures. L’article 22 encadre les délais de restitution et prévoit une majoration en cas de retard.

Faut-il obligatoirement des photos ?

La loi ne les impose pas, mais elles constituent une bonne pratique. Établies de façon contradictoire, datées et conservées, elles complètent les mentions écrites sans jamais les remplacer.

Cette page est fournie à titre d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Le modèle d'état des lieux généré est un document indicatif à compléter, signer et conserver ; il n'a pas de valeur de certification.

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