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Litige sur des dégradations à la sortie

5 min de lectureMis à jour le Sources officielles citées

À la sortie d’un logement, le bailleur peut reprocher au locataire des dégradations et vouloir les déduire du dépôt de garantie. Le locataire, lui, estime souvent qu’il s’agit d’une simple usure du temps. Ce désaccord sur l’origine des traces constatées est l’un des litiges les plus fréquents. Ce guide aide à distinguer vétusté et dégradation, à comprendre les conditions des retenues et à connaître les recours, dans le cadre posé par la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989.

En bref

Un litige sur des dégradations à la sortie repose sur la distinction entre vétusté, qui n’est pas à la charge du locataire, et dégradation, qui peut l’être. La comparaison entre les états des lieux d’entrée et de sortie sert de référence, et toute retenue doit s’appuyer sur des justificatifs.


Vétusté ou dégradation : la question centrale

La distinction entre vétusté et dégradation décide de qui paie. La vétusté est l’état d’usure ou de détérioration résultant du temps ou de l’usage normal des matériaux et des équipements. Elle est définie par l’article 4 du décret n° 2016-382 du 30 mars 2016 et n’est pas à la charge du locataire.

La dégradation, à l’inverse, dépasse l’usage normal et résulte d’un défaut d’entretien, d’une négligence ou d’un dommage. Elle peut alors être imputée au locataire et donner lieu à une retenue. Une trace d’usure sur un revêtement ancien relève souvent de la vétusté ; un trou, une brûlure ou une casse relèvent plutôt de la dégradation.

Vétusté n’est pas dégradation. Avant d’accepter ou de contester une retenue, demandez-vous si la trace résulte du simple écoulement du temps ou d’un usage anormal du logement.

Le rôle de la comparaison entrée/sortie

L’état des lieux est un document contradictoire, établi à l’entrée et à la sortie puis annexé au bail, selon l’article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989. C’est la comparaison entre ces deux documents qui permet d’objectiver le litige : seule une différence constatée entre l’entrée et la sortie, au-delà de l’usure normale, peut justifier une retenue.

Un état des lieux d’entrée précis, décrivant l’état de chaque pièce et de chaque équipement, protège les deux parties. À l’inverse, un état des lieux d’entrée trop sommaire rend difficile la preuve d’une dégradation survenue pendant la location.

Les conditions d’une retenue

Le bailleur peut retenir des sommes sur le dépôt de garantie pour réparer des dégradations imputables au locataire, mais seulement dans des conditions précises fixées par l’article 22 de la loi du 6 juillet 1989.

ConditionCe que cela implique
Différence constatéeLa dégradation doit apparaître par comparaison entre l’entrée et la sortie.
Au-delà de l’usure normaleLa vétusté ne peut pas être retenue, seule la dégradation le peut.
JustificatifsLa retenue doit s’appuyer sur un devis ou une facture.
DélaiLa restitution du solde intervient dans un mois ou deux mois selon la conformité.
Les conditions à réunir pour une retenue au titre de dégradations.

Une grille de vétusté, facultative et issue d’un accord collectif, peut aider à chiffrer la part d’usure normale à retrancher du coût d’une réparation. Elle n’est pas obligatoire, mais elle apporte un cadre utile pour éviter que le locataire ne supporte l’usure du temps.

Les recours en cas de désaccord

Si le désaccord persiste sur l’origine des dégradations ou sur le montant retenu, les recours se déploient du plus amiable au plus contraignant. Chaque étape peut résoudre le litige sans passer à la suivante.

  • Le dialogue direct, en confrontant les deux états des lieux et les photos.
  • La mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception.
  • La saisine gratuite de la commission départementale de conciliation.
  • La saisine du juge des contentieux de la protection, en dernier ressort.
Rassemblez votre état des lieux d’entrée signé et vos photos datées : ces éléments contradictoires sont vos meilleurs arguments pour distinguer une dégradation d’une simple usure normale.

La preuve, au cœur du litige

La qualité des preuves détermine souvent l’issue du désaccord. Un état des lieux contradictoire signé fait foi entre les parties. Des photos contradictoires et datées constituent des éléments de preuve. Un constat établi par un commissaire de justice dispose d’une valeur renforcée. Il appartient au juge, le cas échéant, d’apprécier ces éléments.

Lorsque l’état des lieux de sortie n’a pas pu être établi de façon contradictoire, un commissaire de justice peut intervenir : les parties reçoivent un avis au moins 7 jours avant le constat, et les frais sont partagés par moitié entre locataire et bailleur, selon un tarif réglementé.

  • Conservez l’état des lieux d’entrée signé, annexé au bail.
  • Réunissez des photos datées de l’état du logement à l’entrée et à la sortie.
  • Demandez le détail chiffré et documenté de chaque retenue.
  • Gardez la trace écrite de chaque échange avec le bailleur.
Un état des lieux d’entrée soigné, accompagné de photos datées, réduit fortement le risque de litige sur les dégradations à la sortie.

Questions fréquentes

Comment distinguer vétusté et dégradation ?

La vétusté est l’usure résultant du temps ou de l’usage normal, définie par l’article 4 du décret n° 2016-382 du 30 mars 2016 ; elle n’est pas à la charge du locataire. La dégradation dépasse l’usage normal et peut lui être imputée.

Le bailleur peut-il retenir le coût d’une réparation d’usure ?

Non. La vétusté, ou usure normale, ne peut pas être facturée au locataire. Seules les dégradations constatées par comparaison entre l’entrée et la sortie, au-delà de l’usage normal, peuvent être retenues sur justificatifs.

Que faire si l’on conteste des dégradations à la sortie ?

Commencez par le dialogue, en confrontant les deux états des lieux et les photos, puis une mise en demeure par lettre recommandée. En l’absence d’accord, la commission départementale de conciliation peut être saisie gratuitement, avant le juge.

Quelles preuves réunir pour un litige sur des dégradations ?

L’état des lieux contradictoire signé fait foi, les photos contradictoires et datées sont des éléments de preuve, et le constat de commissaire de justice dispose d’une valeur renforcée. La comparaison entrée/sortie reste la référence.

Cette page est fournie à titre d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Le modèle d'état des lieux généré est un document indicatif à compléter, signer et conserver ; il n'a pas de valeur de certification.

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