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Cadre légal

Grosses réparations : ce qui incombe au bailleur

4 min de lectureMis à jour le Sources officielles citées

Toutes les réparations d’un logement ne se valent pas. À côté de l’entretien courant confié au locataire, il existe des travaux d’une autre ampleur, que le droit laisse au bailleur. Comment les reconnaître et pourquoi lui reviennent-ils ? Le partage se comprend en creux du décret n° 87-712 du 26 août 1987. Voici l’essentiel.

En bref

Les grosses réparations, les travaux structurels et le remplacement des équipements usés par le temps incombent au bailleur. Elles se situent hors du champ des réparations locatives que le décret n° 87-712 du 26 août 1987 confie au locataire.


Distinguer l’entretien courant des grosses réparations

Le décret n° 87-712 du 26 août 1987 confie au locataire les « travaux d’entretien courant et menues réparations résultant de l’usage normal » du logement. Les grosses réparations se définissent par opposition : ce sont les travaux qui dépassent ce cadre, par leur ampleur, leur cause ou leur objet. Là où l’entretien courant relève du geste léger et régulier, la grosse réparation touche à la remise à niveau ou à la structure.

Des travaux qui touchent au bâti

Les grosses réparations et les travaux structurels concernent la solidité et la pérennité du logement. Ils ne procèdent pas de l’usage quotidien du locataire, mais de la nécessité de maintenir le bien dans le temps. À ce titre, ils relèvent du bailleur, propriétaire du logement, qui en assume la charge et le coût.

Un repère simple : plus l’intervention touche à la structure ou remplace un équipement en fin de vie, plus elle s’éloigne de l’entretien courant du locataire pour rejoindre la charge du bailleur.

Le remplacement des équipements usés

Remplacer un équipement arrivé en fin de vie n’est pas un entretien courant : c’est une conséquence de l’usure du temps. On parle alors de vétusté, définie par l’article 4 du décret n° 2016-382 du 30 mars 2016 comme l’« état d’usure ou de détérioration résultant du temps ou de l’usage normal des matériaux et éléments d’équipement ». La loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 met l’entretien courant à la charge du locataire, mais « à l’exception de la vétusté ». Ces remplacements reviennent donc au bailleur.

Type d’interventionCharge de principe
Entretien courant, menues réparations (usage normal)Locataire
Grosses réparations et travaux structurelsBailleur
Remplacement d’un équipement en fin de vie (vétusté)Bailleur
Poste non couvert par le décret n° 87-712Bailleur
Répartition indicative, sous réserve de l’appréciation du juge.

Tout ce qui sort du décret de 1987

La liste annexée au décret n° 87-712 est indicative et non limitative : elle illustre l’entretien courant sans tout recenser. Sa fonction reste toutefois de décrire les réparations locatives. Un poste qui ne relève ni de l’entretien courant, ni des menues réparations résultant de l’usage normal, se situe hors de ce champ et revient, par principe, au bailleur.

Ce que le locataire ne supporte pas

Deux garde-fous protègent le locataire. D’une part, la vétusté n’est jamais à sa charge : ce qui vieillit normalement relève du bailleur. D’autre part, une réparation locative suppose un usage normal ; dès que l’intervention dépasse ce cadre pour toucher à la structure ou au remplacement d’un équipement usé, elle échappe au locataire. Seules les dégradations qui lui sont imputables peuvent, à l’inverse, lui être facturées.

En cas de désaccord

La qualification d’une réparation — entretien courant, grosse réparation ou vétusté — peut se discuter. À défaut d’accord amiable, c’est le juge qui apprécie souverainement, au regard de la nature réelle des travaux et des états des lieux. Un état des lieux d’entrée détaillé reste, là encore, un appui précieux.

Décrivez l’état des équipements et du bâti dès l’entrée. Le modèle d’état des lieux est indicatif : à compléter, signer et conserver.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une grosse réparation à la charge du bailleur ?

C’est une réparation qui dépasse l’entretien courant du locataire : travaux structurels, interventions touchant à la solidité du logement, remplacement d’équipements usés par le temps. Ces postes se situent hors du décret n° 87-712 et reviennent au bailleur.

Le remplacement d’un équipement usé est-il une grosse réparation ?

Le remplacement d’un équipement en fin de vie relève de la vétusté, exclue de la charge du locataire par la loi n° 89-462. Il revient donc, par principe, au bailleur, comme les grosses réparations.

Qui tranche entre entretien courant et grosse réparation ?

À défaut d’accord amiable, c’est le juge qui apprécie souverainement, au regard de la nature réelle des travaux et des états des lieux. La liste du décret n° 87-712 sert de repère, non de règle automatique.

Cette page est fournie à titre d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Le modèle d'état des lieux généré est un document indicatif à compléter, signer et conserver ; il n'a pas de valeur de certification.

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