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Vétusté des revêtements de sol

4 min de lectureMis à jour le Sources officielles citées

Un sol se marque forcément au fil des années : passages répétés, meubles déplacés, lumière qui décolore. À la fin d’un bail, une partie de ces marques relève de l’usure normale, à la charge du bailleur, et non du locataire. La grille de vétusté aide à faire ce partage pour les parquets, moquettes, carrelages et sols souples. Voici le principe, expliqué sans avancer de durée ni de coefficient qui dépendraient de l’accord collectif retenu.

En bref

La vétusté d’un revêtement de sol correspond à son vieillissement normal avec le temps et l’usage. Une grille de vétusté, facultative et issue d’un accord collectif, applique une durée de vie théorique et un abattement annuel pour éviter que cette usure soit facturée au locataire.


La vétusté d’un sol au sens du décret de 2016

L’article 4 du décret n° 2016-382 du 30 mars 2016 définit la vétusté comme l’« état d’usure ou de détérioration résultant du temps ou de l’usage normal des matériaux et éléments d’équipement ». Un revêtement de sol est particulièrement exposé à ce vieillissement : un parquet se patine, une moquette se tasse dans les zones de passage, un sol vinyle perd de sa brillance. Ces évolutions traduisent une occupation normale et ne peuvent être reprochées au locataire.

Distinguer l’usure de la dégradation

À la sortie, on compare l’état des lieux d’entrée et l’état des lieux de sortie pour situer chaque constat. Certaines marques traduisent le simple effet du temps, d’autres un usage anormal ou un accident.

  • plutôt usure normale : parquet patiné, moquette tassée dans les passages, légère décoloration au soleil ;
  • plutôt dégradation : brûlures, taches indélébiles, lames rayées profondément ou arrachées, carreaux cassés ;
  • à apprécier au cas par cas : rayures selon leur profondeur et l’ancienneté du revêtement.
La vétusté n’incombe jamais au locataire. Seules les dégradations, qui dépassent l’usage normal, peuvent donner lieu à une remise en état ou à une retenue sur le dépôt de garantie.

Le principe de la grille pour les sols

Quand le bail prévoit une grille de vétusté, celle-ci attribue à chaque type de revêtement une durée de vie théorique et un coefficient d’abattement par année écoulée. Le raisonnement est celui d’un amortissement : un sol ancien a déjà vécu une large part de sa durée d’usage, si bien que la valeur résiduelle susceptible de rester à la charge du locataire diminue avec le temps. Les chiffres exacts ne figurent pas dans la loi : ils dépendent de la grille de l’accord collectif applicable, à consulter directement.

Le calcul en cas de dégradation avérée

Si le locataire a réellement endommagé un sol au-delà de l’usage normal, la remise en état n’est pas facturée au prix du neuf. On déduit du coût la part de vétusté déjà accumulée selon la grille, de sorte que le locataire ne supporte que la fraction non encore usée du revêtement. Certaines grilles prévoient une franchise initiale, pendant laquelle aucun abattement ne s’applique encore.

Un état des lieux d’entrée détaillé, décrivant le type de sol et son état par pièce avec photos, facilite le partage à la sortie. Le document est indicatif : à compléter, signer et conserver par chaque partie.

Bien préparer la sortie côté sols

Avant de rendre les clés, un nettoyage soigné des sols relève de l’entretien courant attendu du locataire. En revanche, remplacer une moquette simplement tassée par le temps ou reponcer un parquet seulement patiné n’a pas à être supporté par le locataire : il s’agit de vétusté. Reprendre l’état des lieux d’entrée et comparer pièce par pièce permet d’objectiver la discussion.

Questions fréquentes

Une moquette usée par le passage est-elle à la charge du locataire ?

Non, si l’usure résulte du temps et d’un usage normal : c’est de la vétusté, supportée par le bailleur. Le locataire répond en revanche des dégradations, comme des taches indélébiles ou des brûlures, qui dépassent l’usage normal.

Une rayure sur un parquet compte-t-elle comme une dégradation ?

Cela dépend. Une patine légère et des micro-rayures relèvent souvent de l’usure normale. Des rayures profondes ou des lames arrachées peuvent être des dégradations. L’appréciation se fait en comparant l’état des lieux d’entrée et de sortie.

Comment la grille réduit-elle la facture d’un sol dégradé ?

Elle applique au revêtement une durée de vie théorique et un abattement annuel. En cas de dégradation avérée, on retranche du coût la part de vétusté déjà écoulée, si bien que le locataire ne paie pas le prix du neuf. Les valeurs dépendent de l’accord collectif applicable.

Cette page est fournie à titre d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Le modèle d'état des lieux généré est un document indicatif à compléter, signer et conserver ; il n'a pas de valeur de certification.

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