Litiges
L’expertise amiable des dégradations
4 min de lectureMis à jour le Sources officielles citées
Face à des dégradations contestées en fin de bail, les parties cherchent parfois un avis extérieur pour objectiver le désaccord. L’expertise amiable en fait partie, aux côtés des états des lieux et des photos. Ce guide en précise la place et la valeur, dans un cadre prudent, sans trancher à la place du juge.
En bref
L’expertise amiable vise à décrire et évaluer, d’un commun accord, l’état d’un logement et d’éventuelles dégradations. Elle complète l’état des lieux contradictoire et les photos. Un constat de commissaire de justice offre une valeur probante renforcée. À défaut d’accord, le juge des contentieux de la protection reste compétent.
Ce que recouvre l’expertise amiable
L’expertise amiable désigne une démarche par laquelle les parties s’accordent pour faire décrire et évaluer l’état d’un logement et d’éventuelles dégradations. Elle s’inscrit dans la recherche d’une solution négociée, en amont ou en marge d’une procédure.
Elle ne se substitue pas à l’état des lieux. L’article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989 organise l’état des lieux d’entrée et de sortie, établis de façon contradictoire, qui reste le socle de la comparaison. L’expertise amiable vient l’éclairer lorsque l’interprétation d’une trace ou d’un dommage prête à discussion.
La hiérarchie des preuves
Tous les éléments n’ont pas le même poids. Un état des lieux contradictoire signé fait foi entre les parties. Des photos prises de façon contradictoire, en présence des deux parties, constituent des éléments de preuve venant en appui.
Un constat dressé par un commissaire de justice offre, quant à lui, une valeur probante renforcée. Une expertise amiable partagée peut nourrir la discussion, mais sa portée dépend de l’accord des parties sur ses conclusions.
- L’état des lieux contradictoire signé fait foi entre les parties.
- Les photos contradictoires sont des éléments de preuve.
- Le constat de commissaire de justice a une valeur probante renforcée.
- Une expertise amiable partagée éclaire le désaccord selon l’accord des parties.
Vétusté ou dégradation
L’évaluation des dommages suppose de distinguer ce qui est imputable au locataire de ce qui relève du temps. Le décret n° 2016-382 rappelle que la vétusté, usure normale d’un logement utilisé conformément à sa destination, se distingue de la dégradation et n’est pas facturable au locataire.
Une expertise amiable utile intègre cette distinction. Elle gagne à préciser si un dommage relève d’une dégradation ou de la simple vétusté. L’article 22 de la loi de 1989 rappelle en outre que toute retenue sur le dépôt de garantie suppose des justificatifs, comme un devis ou une facture.
Le parcours de résolution
| Étape | Démarche | À savoir |
|---|---|---|
| 1 | Dialogue | Échange sur les dégradations et recours éventuel à une expertise amiable. |
| 2 | Mise en demeure | Lettre recommandée avec accusé de réception exposant le désaccord. |
| 3 | Conciliation | Conciliateur de justice ou Commission départementale de conciliation, sans frais. |
| 4 | Juge | Saisine du juge des contentieux de la protection au tribunal judiciaire. |
L’expertise amiable relève des étapes de dialogue et de recherche d’accord. Si elle ne suffit pas, la conciliation gratuite puis le juge des contentieux de la protection, au tribunal judiciaire, restent ouverts. C’est au juge qu’il appartient, en dernier lieu, d’apprécier les preuves.