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Comparatifs

État des lieux ou constat de commissaire de justice

5 min de lectureMis à jour le Sources officielles citées

Un état des lieux classique et un constat de commissaire de justice décrivent tous deux l’état d’un logement. Mais ils ne pèsent pas le même poids devant un désaccord. L’un est un document que les parties se remettent, l’autre est un acte dressé par un officier ministériel. Ce comparatif porte sur ce qui les sépare vraiment : leur force probante.

En bref

L’état des lieux ordinaire, rempli à l’amiable même sur un modèle conforme, reste un document indicatif faisant foi entre les parties. Le constat de commissaire de justice, dressé par un officier ministériel, bénéficie d’une valeur probante renforcée. Les deux décrivent le logement, mais avec une force de preuve différente.


Un même objet, deux forces de preuve

L’état des lieux (EDL) et le constat de commissaire de justice décrivent la même chose : l’état d’un logement à un instant donné, pièce par pièce, à l’entrée comme à la sortie. Là où ils diffèrent, c’est dans leur valeur juridique. L’état des lieux ordinaire est établi par les parties elles-mêmes selon l’article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989 : c’est un acte contradictoire, mais qui reste un document indicatif. Le constat de commissaire de justice est dressé par un officier ministériel et bénéficie, pour cette raison, d’une valeur probante renforcée.

Cette distinction n’a rien d’anecdotique. Tant qu’aucun litige ne survient, un état des lieux amiable suffit amplement. Mais lorsqu’un désaccord s’installe, notamment à la sortie, la force probante du document devient déterminante.

CritèreÉtat des lieux ordinaireConstat de commissaire de justice
Qui l’établitLes parties, ou un tiers mandatéUn commissaire de justice (officier ministériel)
NatureDocument indicatifValeur probante renforcée
FondementArticle 3-2Article 3-2 (à défaut d’accord amiable)
DéclenchementAccord des partiesInitiative de la partie la plus diligente
DélaiJour des clésAvis aux parties au moins sept jours à l’avance
CoûtGratuit entre partiesFrais réglementés partagés par moitié
MentionsDécret n° 2016-382Décret n° 2016-382
Comparaison de l’état des lieux ordinaire et du constat de commissaire de justice.

Le contenu, largement commun

Sur le fond, les deux documents se ressemblent. L’un comme l’autre reprennent les mentions prévues par le décret n° 2016-382 : identification des parties et du logement, date, description des éléments pièce par pièce, relevés de compteurs, clés. Tous deux servent la même logique de comparaison entre l’entrée et la sortie, qui permet de distinguer l’usure normale des éventuelles dégradations. Ce n’est donc pas le contenu qui fait la différence, mais l’autorité de celui qui l’établit.

Un état des lieux amiable soigné, avec des observations précises et, en bonne pratique, des photos, constitue déjà une base solide. Les textes n’imposent d’ailleurs pas de photographier le logement : c’est une bonne pratique, non une obligation.

Quand le constat prend le relais

Le recours au commissaire de justice n’est pas un luxe que l’on s’offre par principe : il est prévu à défaut d’état des lieux amiable. Lorsque l’accord est impossible — refus, absence, désaccord persistant — la partie la plus diligente peut faire établir l’état des lieux par un commissaire de justice, les deux parties étant avisées au moins sept jours à l’avance. Ce délai garantit le caractère contradictoire de l’acte, chacun pouvant être présent ou représenté.

C’est bien le mode d’établissement — par un commissaire de justice — qui confère la valeur probante renforcée, et non un simple modèle, aussi complet soit-il.

Le coût, et une règle intangible

Entre les parties, l’état des lieux amiable ne coûte rien. Lorsqu’un commissaire de justice intervient faute d’accord, ses frais relèvent d’un tarif réglementé et sont partagés par moitié entre bailleur et locataire. Nous ne communiquons aucun montant en euros : le tarif est réglementé et se vérifie sur service-public.fr.

Une règle ne connaît pas d’exception : au titre de l’article 23-1 de la loi du 6 juillet 1989, l’état des lieux de sortie ne peut jamais être facturé au locataire, quelle que soit la voie retenue.

Comment choisir

  • relation apaisée, pas de litige attendu : l’état des lieux amiable suffit ;
  • accord impossible : le constat de commissaire de justice prend le relais ;
  • litige prévisible à la sortie : la valeur probante renforcée du constat peut être décisive ;
  • dans tous les cas : respecter les mentions du décret n° 2016-382 et la comparaison entrée/sortie.

Questions fréquentes

Un état des lieux ordinaire a-t-il moins de valeur qu’un constat ?

Il fait foi entre les parties, mais reste un document indicatif. Le constat de commissaire de justice bénéficie, lui, d’une valeur probante renforcée du fait qu’il est dressé par un officier ministériel.

Quand faut-il un constat de commissaire de justice ?

Lorsque l’état des lieux ne peut être établi de façon amiable. Il est alors dressé à l’initiative de la partie la plus diligente, les parties étant avisées au moins sept jours à l’avance.

Le constat coûte-t-il plus cher ?

Ses frais relèvent d’un tarif réglementé et sont partagés par moitié entre les parties, là où l’état des lieux amiable est gratuit entre elles. Nous ne communiquons pas de montant : voir service-public.fr.

Le contenu est-il différent entre les deux documents ?

Non, l’essentiel est commun : tous deux suivent les mentions du décret n° 2016-382 et la comparaison entrée/sortie. La différence tient à la force probante, pas au contenu.

Cette page est fournie à titre d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Le modèle d'état des lieux généré est un document indicatif à compléter, signer et conserver ; il n'a pas de valeur de certification.

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